Dessalement de l’eau : PMO et ministère des Services publics pas sur la même longueur d’onde

Par Thierry Laurent, Yaasin Pohrun O commentaire
PMO

Le projet de dessalement de l’eau est-il voué à l’échec ? Certains au Prime Minister’s Office y sont favorables, alors que d’autres au ministère des Services publics et de l’Énergie émettent une opinion défavorable.

La viabilité du dessalement de l’eau est remise en question par plusieurs techniciens. Alors que ce projet qui date de plusieurs années a été relancé par le Bâtiment du Trésor, il nous revient que le ministère des Services publics et de l’Énergie a exprimé de sérieuses réserves à son encontre. « Nous doutons fort qu’un projet d’une telle envergure soit idéal pour Maurice », nous explique un technicien de ce ministère. L’une des raisons évoquées est la quantité suffisante de nos réserves en eau. « Nous avons plusieurs réservoirs avec de bon taux de remplissage. C’est toutefois au niveau des tuyaux que nous avons des problèmes. Nous nous retrouvons  dans une situation où il n’y a pas suffisamment de tuyaux pour véhiculer l’eau vers les foyers », nous dit ce technicien proche du dossier. C’est dans cette optique que le ministère des Services publics reste persuadé que l’amélioration de la fourniture d’eau doit obligatoirement passer par le remplacement des tuyaux et la rénovation du réseau.

Implication écologique

Autre argument avancé par le ministère des Services publics, l’implication écologique du projet. Une autre source autorisée à ce ministère fait ressortir que l’extraction de l’eau de mer dans nos lagons peut provoquer un « désastre écologique ». Un problème pratique se pose avec le dessalement, selon un cadre du ministère : « Une fois le sel extrait de l’eau, qu’en faisons nous ? On ne peut s’engager dans un tel projet, sans avoir pensé à de tels détails. »

La rentabilité du dessalement doit aussi être prise en considération.« Aucun expert n’a été en mesure de nous dire si le consommateur aura à payer plus cher. Sans de telles données, nous ne pouvons nous aventurer plus loin », dit une autre source proche du dossier. Il revient que des experts chinois avaient, dans un passé pas si lointain, été en contact avec le Bâtiment du Trésor pour concevoir un projet de dessalement sur une base pilote. Toutefois, selon une source à l’Hôtel du gouvernement, les exigences financières de ce groupe d’investisseurs étaient beaucoup trop élevées. Plusieurs millions de dollars avaient été réclamés. Une requête qui n’aurait pas été acceptée. « Depuis, nous n’avons plus entendu parler d’eux », explique-t-on.

Le ministère des Services publics est cependant d’avis que le projet de dessalement peut être idéal pour Rodrigues, qui souffre du manque d’eau. « Mais pour Maurice, nous doutons fort que cela soit la solution », insiste le technicien.