DCP Bhojoo : «Le contrôle des entrées par la mer n’est pas facile»

By DEFIMEDIA.INFO . O commentaire
DCP Bhojoo

Le DCP Choolun Bhojoo, patron de l’Anti Drug & Smuggling Unit (Adsu), estime que le contrôle du va-et-vient incessant des bateaux est difficile. Il est d’avis qu’il faut accorder une attention particulière aux points d’entrée maritimes.

Est-ce sur la base de dénonciations que la police a pu procéder à ces grosses saisies de drogues récemment ?
Bon nombre de nos opérations sont basées sur des renseignements reçus. Nos sources sont diverses : le public, les appels sur le 148, les lettres anonymes, de même que la collecte d’informations par nos Field Intelligence Officers. Le succès de nos opérations dépend de la qualité de nos informations. Il faut les analyser et les travailler avant que nous puissions agir. Il y a aussi la vigilance des différentes autorités telles que l’Adsu, la police régulière et la douane.

Mais parfois, il y a des taupes qui font capoter les opérations…
En général, nos informations sont bien protégées, mais l’aspect humain est un élément que nous ne pouvons négliger. Des fois, cela peut ne pas être intentionnel, car lorsqu’une opération se met en place, il y a du mouvement et cela peut attirer l’attention. D’autres fois, des informations sortent dans la presse.

Qu’en est-il des taupes au sein de la police ?
Il y a eu effectivement des arrestations de policiers ou même de membres de l’Adsu. C’est malheureusement une réalité à laquelle nous devons faire face, mais nous restons vigilants. Cela démontre que nous ne faisons de cadeau à personne. La loi s’applique pour tout le monde. Il est néanmoins dommage qu’au sein même de la police, certains soient liés à la drogue.

Les trafiquants usent de toutes sortes d’astuces pour dissimuler les colis de drogue. La police est-elle suffisamment équipée pour venir à bout de ces passeurs ?
Comme dit l’adage, pour les trafiquants, the sky is the limit. Ils font preuve d’ingéniosité et utilisent toutes sortes d’astuces. Il nous faut donc rester vigilants et avoir l’œil partout. Notre système de renseignement doit être excellent. Certes, nous disposons de scanners et de chiens renifleurs, mais avoir l’œil est tout aussi important. Nous allons bientôt recevoir d’autres équipements de pointe.

Ces derniers temps, il y a eu des saisies record à Maurice. Quelle est votre analyse de la situation ?
Maurice est une île. La drogue peut entrer par voie maritime et nous nous concentrons davantage sur cet axe-là. Nous bénéficions de la collaboration des pays de la région et, à travers nos contacts, nous essayons d’attaquer ce problème à la source. Parallèlement, nous nous penchons sur nos faiblesses pour essayer de voir comment les résoudre.

Il y a un va-et-vient incessant de bateaux, de hors bord et de catamarans. Pensez-vous que notre zone maritime soit suffisamment sécurisée ?
Le contrôle des entrées par la mer, qui est très vaste, n’est pas facile. Ce n’est pas un phénomène unique à Maurice. C’est le cas partout. D’où l’importance des différentes autorités telles que la douane, l’Adsu, les Fisheries...

Auriez-vous souhaité avoir plus de ressources ?
L’idéal n’existe pas. Si nous avons plus de ressources et d’équipements, cela augmentera notre niveau de vigilance, certes. Cependant, il y a déjà un travail qui se fait au niveau du port, plus précisément un exercice de restructuration pour améliorer le niveau de sécurité. Il y a des comités qui ont été créés, notamment au niveau du Bureau du Premier ministre, du port, de la police, à travers lesquels nous revoyons régulièrement nos dispositifs de sécurité.

Dans le cas de la saisie des 135 kg d’héroïne, nous avons constaté que certains protagonistes gravitent autour de la sphère politique. Est-ce difficile de mener une enquête de ce genre ?
L’enquête est en cours, dans ce cas, je ne peux donc faire de commentaire. Mais nous le traitons comme un cas de trafic de drogue comme un autre et nous suivons la procédure. Nous analysons la nature des preuves. Ce sont les lois qui dictent nos enquêtes et cela s’applique à tout le monde. Si nous avons besoin d’un avis particulier, nous nous tournons vers le Directeur des poursuites publiques pour connaître la marche à suivre.