Dans le Sud : «Ma femme a été envoutée par son amant»

Par Reshad Toorab O commentaire
envoutée

Sharif, 38 ans, est désespéré depuis que son épouse, 32, ans l’a quitté ainsi que leurs deux enfants pour aller vivre avec son amant. Il accuse ce dernier de l’avoir envoutée…

Sharif (prénom fictif) est mécanicien sur une propriété sucrière. Il s’est marié en 2010 et de leur union sont nés deux enfants. Tout allait bien pour le meilleur des mondes dans son couple. Elle était femme au foyer et s’occupait de ses enfants.

Lorsque les petits ont grandi, sa femme était vendeuse dans un magasin. Cette année, depuis mars, elle a commencé à souffrir de douleurs au ventre. Sharif explique l’avoir emmenée chez plusieurs médecins mais en vain.

Son épouse étant toujours en proie aux douleurs, un proche conseille à Sharif d’aller voir un guérisseur, âgé d’une quarantaine d’années, à Plaine-Magnien. « Li ti explique qui ena méchanceté lors mo madam li ti fer banne rituel spirituelle. Apres li dire ki li bizin vine dans la caze pour tire banne mauvais kit chose », explique Sharif. Le guérisseur réclame Rs15 000 pour tout cela. « Li dire li bizin alle lors la grande croix, verse du sang zanimo etc. »

Une semaine après, le guérisseur vient chez eux pour des rituels. « Il a fouillé dans des pots de fleurs, qui se trouvent dans notre cour, et il a enlevé des camphres, des oignons et des limons transpercés d’aiguilles et enroulés dans des morceaux de tissus. Kan nou fine trouve sa banne zaffaire la, nou finn choqué. »

Il concède que sa femme a été guérie mais de temps à autre, le guérisseur venait chez eux jusqu’à devenir un habitué de la maison. Sharif précise qu’il n’y voyait aucun mal d’autant qu’il faisait aveuglément confiance à sa femme. Jusqu’à ce qu’un proche lui apprenne que le guérisseur venait aussi chez lui en son absence. « Mo madame réponn moi ki parfois li vine guete si tout korek et mo croire li mem, mo pas porte attention ceki banne famille dire moi. »

Cependant, il remarque que sa femme a changé et qu’elle est très distante. « Mo madam paraitre pas envie guete mo figure, souvent li gagne discussion avec moi et li même tape crise avec banne zenfants. Li refuse gagne relation avec moi, li sorti dans la journée kan mo travaille et kan koze are li, li diskiter. »

Sharif pense que sa femme est envoutée et il reprend contact avec le guérisseur. Ce dernier le rassure que ce n’est qu’un problème conjugal. « Li ti meme dire moi ki peutet mo madame nepli ena l’amour pour moi et plutôt nou separé. Mo pann prend li compte parski mo content mo madame. »

Début septembre, Sharif décide de surveiller son épouse. Il la suit jusqu’au Waterfront de Mahébourg. Et il découvre que le guérisseur est aussi présent. « Kan mo trouve sa mo choque, zot ti peu atrape la main. Monn alle ver zot, noun gagne diskission et monn cogne guerriseur et linn sove linn ale. Mo fam fine dire moi oui so galant sa et li pou alle reste are li. Depi sa li pann retourne la case ! Mo pense ki guerisseur la finn faire sorcier ar li… »

Sharif indique qu’il s’est rendu à la police mais qu’on a refusé d’enregistrer sa plainte en raison du fait qu’elle ne peut intervenir dans des cas d’infidélités, car ce n’est pas une offense à la loi.

Sollicitée pour une réaction, l’épouse de Sharif n’a fait que confirmer qu’elle a fait le choix de vivre en concubinage avec le guérisseur.