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Covid-19 et médicaments : un marché déstabilisé

La vente de médicaments contre la grippe est en hausse.
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Le nombre de cas positifs de Covid-19 ne cesse d’augmenter. Le lundi 28 février, on a comptabilisé 344 positifs en 24 heures. Et de nombreuses personnes se ruent vers les pharmacies du pays pour se procurer des médicaments. La vente de produits contre la grippe a enregistré une hausse. Le marché est quelque peu déstabilisé par les achats en cette période. Cependant, les acteurs du domaine se veulent rassurants et affirment qu’il y a un « back-up plan ». 

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Premnath Rosunee. 

Il n’y a pas de pénurie de médicaments antigrippe (Doliprane, Efferalgan, pastilles pour la gorge, etc.) et de Molnupiravir pour le traitement de la Covid-19 sur le marché. C’est l’assurance que donnent pharmaciens et grossistes. Le président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM) abonde dans le même sens. « On ne peut pas parler de pénurie. Il y a peut-être un problème dans la distribution des médicaments à toutes les pharmacies. Mais ce problème est résolu. Le personnel des grossistes a contracté le virus. Ce qui a perturbé la livraison des médicaments aux pharmacies », explique Premnath Rosunee. 

Le président de la PAM tient à rassurer le public. Les pharmaciens font de leur mieux pour se procurer des médicaments dont la vente a pris de l’essor. « On fait beaucoup d’effort pour avoir les médicaments. Si un produit spécifique n’est pas disponible, il y a des alternatives. Par exemple, on a une panoplie de médicaments à base de paracétamol », souligne notre interlocuteur. 

Siddique Khodabaccus, président de l’union des pharmaciens, est sur la même longueur d’onde que Premnath Rosunee. « Certes, les pharmacies sont prises d’assaut, mais il n’y a pas de pénurie de médicaments. »

Il n’y a pas non plus de « panic buying », car les gens achètent ce dont ils ont besoin. Ce qui cloche selon lui c’est la lenteur administrative pour dédouaner des médicaments qui sont prisés en ce moment. 

Dédouanement

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Siddique Khodabaccus.

« La Competition Commission encourage l’importation de médicaments. Sauf qu’il y a une lenteur extraordinaire au niveau du ministère du Commerce pour dédouaner les médicaments. Il faut une réactualisation des responsabilités à ce niveau. Les médicaments sont là, mais le dédouanement tarde. Ce qui influe sur le marché. Je lance un appel pour que le ministère se penche sur cet aspect », indique ce dernier. 

Siddique Khodabaccus préconise aussi un changement de mentalité des consommateurs. Selon lui, il existe un règlement qui permet à un pharmacien de remplacer un médicament qui n’est pas disponible par un générique. « Les patients doivent faire confiance à leurs pharmaciens comme ils font confiance à leurs médecins. Pour un produit, il y a environ cinq à six génériques. Ce qui veut dire que les clients ont le choix. Il ne faut pas s’attacher aux marques. Laissez vos pharmaciens vous proposer des alternatives souvent moins chères que les produits que vous achetez d’habitude », conseille le président de l’union des pharmaciens. 

Une des responsables d’une boîte qui est dans l’importation de médicaments explique que les stocks sont là. « On distribue équitablement des médicaments à toutes les pharmacies jusqu’à ce qu’arrivent les nouvelles cargaisons. Il n’y a pas de pénurie. On a juste réduit les commandes pour nous assurer que toutes les pharmacies disposent de médicaments. On passe nos commandes deux mois en avance. Si en ce moment, il y a un certain débalancement, c’est parce qu’on n’avait pas prévu une flambée des cas. »

Tests de dépistage : stock suffisant 

Les tests de Covid-19 ne sont pas en rupture de stock. Encore une fois, nos interlocuteurs se veulent rassurants. « On a un stock de tests salivaires ainsi que nasaux. Il n’y a pas de problème à ce niveau. Toutefois, il y a des pharmacies qui ne veulent pas investir dans un gros stock, car l’avenir est flou. Ils ne veulent pas se retrouver avec des milliers de tests si jamais le gouvernement prend la décision d’arrêter les tests. ». Les tests sont en vente dans la fourchette de Rs 220 à Rs 240. 

Molnupiravir très prisé 

Le Molnupiravir, qui est commercialisé sous cinq noms, est aussi prisé par les patients positifs à la Covid-19. « Les prix varient de Rs 1 200 à Rs 2 800. Il n’est toutefois pas en vente libre. Il faut une prescription pour s’en procurer. Nous sommes très flexibles à ce niveau. Nous acceptons les prescriptions orales. Je peux rassurer encore une fois qu’il n’y a pas de rupture de stock », déclare Premnath Rosunee.

 

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