Connexion Thomas-Dewdanee-Kistnah : la police peine à faire le lien

Par Irshaad Olitte O commentaire
Thomas-Dewdanee-Kistnah

Branle-bas de combat dans les locaux de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu). Douze jours après la saisie record des 135 kilos d’héroïne d’une valeur de Rs 2 milliards, suivie de l’arrestation de Geanchand Dewdanee et de Thomas Sidi, tous les limiers de la brigade antidrogue sont mobilisés pour les besoins de l’enquête.

À ce stade, les membres de l’Adsu sont engagés dans un véritable exercice de vérification des connexions entre Thomas Sidi et son partenaire d’affaires Geanchand Dewdanee, et Navin Kistnah, exerçant comme courtier maritime. Ce dernier, actuellement en Afrique du Sud, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis vendredi. Il est soupçonné d’être le facilitateur pour le dédouanement des 135 kilos d’héroïne d’une grande pureté qui étaient dissimulés dans des compresseurs.

Recherches approfondies 

Les enquêteurs sont toujours à la recherche de liens avérés entre Navin Kistnah et le duo Thomas Sidi–Geanchand Dewdanee, qui sont à la tête de la firme Brillant Resources Consulting. Ces deux hommes ont été arrêtés après que les documents douaniers ont démontré que les compresseurs leur étaient destinés.

Dans les milieux des affaires (les deux suspects clament haut et fort leur innocence), on persiste à dire que les documents de leur compagnie ont été utilisés à leur insu pour les besoins de dédouanement de ces marchandises. Les policiers approfondissent leurs recherches pour établir l’implication de ces deux businessmen dans ce trafic de drogue.
Il nous revient déjà qu’ils peinent à recueillir des preuves solides à verser au dossier à charge contre ces deux hommes devant le tribunal de Port-Louis. Les liens directs entre Navin Kistnah et le duo Deochand Dewdanee –Thomas Sidi n’ont pu remonter à la surface.

Me Neil Pillay, avocat de Deochand Dewdanee, rappelle que son client est toujours présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Il ne mâche pas ses mots à l’égard des politiciens qui ne se privent pas de commentaires sur son client. « Il est désolant de voir que des politiciens s’amusent à exprimer des commentaires gratuits sur cette affaire, juste pour marquer des points sur le plan politique. Ne se rendent-ils pas compte qu’ils causent un tort immense aux proches et aux familles de ces suspects ? » s’insurge l’homme de loi.

Me Neil  Pillay tire aussi à boulets rouges sur des titres de presse, les accusant de « trial by the press ». « Certains articles de presse jugent et condamnent déjà mon client comme importateur de ces 135 kilos de drogue, alors que jusqu’à preuve du contraire, il reste innocent », rappelle-t-il.

« Pion important »

L’Adsu multiplie ses efforts, de concert avec Interpol et les autorités sud-africaines, pour mettre la main sur Navin Kistnah. D’ailleurs, l’assistant Commissaire de Police Choolun Bhojoo et l’assistant-surintendant Jean-Pierre ont été dépêchés en Afrique du Sud pour une prise de contact avec les autorités locales.

La déposition de Navin Kistnah est cruciale dans l’enquête sur cette saisie record d’héroïne. Ce courtier maritime serait un pion important, détenant de précieux secrets sur ce Drug Syndicate. La police soupçonne plusieurs gros bonnets de la drogue, purgeant actuellement des peines de prison, ainsi que de gros financiers qui gravitent autour de Navin Kistnah, d’être ceux qui devaient se partager les bénéfices de ce colis de Rs 2 milliards d’héroïne.