Bertrand Casteres, CEO de Mauritius Union : «Le secteur de l’assurance connaîtra une croissance de 5 % à 6 % en 2017»

Par Leena Gooraya-Poligadoo O commentaire
Bertrand Casteres.

Malgré l’émergence de nombreux risques auxquels les operateurs font face, les assurances devraient se stabiliser et connaître une croissance au-delà de 5 %. C’est ce qu’estime Bertrand Casteres, CEO de Mauritius Union. Il parle aussi des projets de la compagnie.

■  Mauritius Union a récemment lancé le Biz Pack à l’intention des PME mauriciennes. Qu’est-ce qui a motivé la compagnie à lancer un tel produit ?
Nous avons pris conscience que les entrepreneurs mauriciens sont nombreux à faire face à des risques qu’ils ne savent pas maîtriser. Nous avons voulu simplifier l’approche dans ce secteur. Donc, nous avons mis en place un ensemble de produits basiques et majeurs. Les différentes couvertures proposées dans le pack concernent les risques de dommages, le personal accident, la responsabilité civile, les accidents du travail, tous les véhicules (individuels ou flottes) ainsi que les couvertures santé. Le package est adossé à une structure tarifaire dégressive pour le rendre attrayant sur le plan financier.

■  Y a-t-il un engouement des PME à souscrire à des polices d’assurance ?
Oui, définitivement. Il y a un engouement accru. Grâce à l’initiative du gouvernement visant à faciliter les démarches administratives de ceux qui veulent lancer leur entreprise, opter pour un produit d’assurance devient indispensable. Nous avons le devoir aujourd’hui de sensibiliser les entrepreneurs aux risques majeurs liés au développement d’une activité. À ceux qui ne peuvent pas adopter une police d’assurance, nous proposons des produits par rapport à leurs budgets et leurs besoins. Il est important que les PME soient assurées.

■  Comment se porte le secteur de l’assurance en général ?
Le secteur se porte relativement bien avec une croissance de 5 % à 6 %, ce qui est satisfaisant. Toutefois, on constate l’émergence de nouveaux risques tels que des risques environnementaux et de cyber liability. Nous prévoyons aussi des risques face à l’allongement de la durée de la vie et la pension de vieillesse. Au niveau de l’assurance automobile, qui est le cœur de Mauritius Union, on constate déjà une hausse du nombre d’accidents. Ce qui constitue un gros défi à relever. On travaille en collaboration avec le ministère des Infrastructures publiques pour voir comment on peut sensibiliser les Mauriciens à la sécurité routière et réduire le nombre d’accidents.

■  Tenant compte de tous ces défis, pensez-vous que la croissance dans le secteur de l’assurance cette année sera supérieure à celle de 2016 ?
Je pense que le secteur est amené à se stabiliser autour d’une croissance moyenne annuelle de 5 % à 6 % en 2017. Les initiatives du gouvernement visant à créer d’autres activités pour encourager des compagnies internationales à s’établir à Maurice, vont contribuer à la croissance du secteur. Mauritius Union, a déjà mis le pied sur le continent africain avec des activités au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda. Cette stratégie devrait soutenir la croissance du groupe et du secteur en général.

■  Quels sont les projets de Mauritius Union ?
Le monde connaît une révolution numérique qui touche également le secteur de l’assurance. Nous faisons face à une demande des clients pour la numérisation de nos processus et pour rendre les produits d’assurance disponibles sur Internet. Ainsi, nous avons récemment lancé notre portail médical. Après le Biz Pack, nous lançons maintenant des produits d’assurance qui concernent la cybercriminalité. De nombreuses compagnies font face aujourd’hui à ce problème. Par ailleurs, nous comptons consolider nos activités en Afrique, surtout au Kenya.