Au poste de Plaine-Magnien : un conducteur soumis à l’alcotest un jour après un accident

Par Najette Toorab O commentaire
Poste de police de Plaine-Magnien

Le chauffeur d’un van de tourisme dénonce la procédure appliquée par les policiers, après un accident dont il se dit victime. L’accident aurait été provoqué par un homme apparemment ivre.

Jean-Luc crie à l’injustice. Ce chauffeur, originaire de Plaine-Magnien, relate un accident dont il se dit victime. « Cet après-midi là, je roulais en direction de Mahébourg. Aux feux du rond-point de Plaine-Magnien, il y avait un 4x4 à ma droite. Quand le feu est passé au vert, ce véhicule a foncé devant moi, sans attendre que je démarre et il a heurté mon van. J’estime que le chauffeur n’a pas agi de manière normale. À la façon dont il s’exprimait, j’estime qu’il était sous l’influence de l’alcool. »

Jean-Luc explique que le chauffeur a d’abord demandé à faire un constat à l’amiable, disant qu’il accepterait ses torts. «Proposition que j’ai acceptée, car les membres de ma famille étaient dans mon van. Puis, il m’a demandé de contacter le propriétaire de sa voiture. Quand ce dernier est arrivé, le chauffeur adverse a changé de version et a indiqué qu’il fallait procéder à une enquête policière. » Arrivé au poste de Plaine-Magnien, un policier a expliqué aux deux parties les procédures à suivre, comprenant un alcotest. Surprise, deuxième revirement de situation. Cette fois, le propriétaire du 4X4 revient sur le principe de l’enquête policière et sur le constat à l’amiable.

Chauffeur parti

« Pour ne pas compliquer la situation, j’ai accepté l’offre ». Sauf que le chauffeur avait déjà quitté les lieux et que son application est enregistrée par le propriétaire devant les policiers. Jean-Luc objecte et insiste pour que le formulaire soit rempli par une personne autre que le chauffeur. « Pa ou ki bizin dir moi kouma fer mo travay », devait répliquer le policier. Pour la énième fois, le propriétaire change d’avis et décide de procéder définitivement à une enquête policière. Vu que le chauffeur du 4X4 était déjà parti, les policiers demandent aux deux protagonistes de revenir à 19 heures pour compléter leur dépositions.

Jean-Luc revient au poste à 19 heures. Pas de trace du chauffeur adverse. Les policiers se rendent à son domicile : l’homme n’y est pas. « Les agents de l’ordre m’ont demandé d’attendre, mais j’avais autre chose à faire. Cette procédure devait être complétée plus tôt, si les policiers avaient objecté au départ du chauffeur. J’ai fait ma déclaration et subi l’alcotest vers 21h15. Ensuite, j’ai laissé mon van au poste. Le chauffeur adverse, lui, s’est présenté le lendemain matin pour son alcotest. J’estime avoir été  victime d’une discrimination et que mes droits ont été bafoués. Il y avait un laisser-aller caractérisé envers la partie adverse de la part des agents de Plaine-Magnien», indique Jean-Luc.

Procédures strictes

Sollicité, l’inspecteur Shiva Coothen, du Police Press Office, précise : « Je ne dis pas que le monsieur a tort de protester. J’ai pris contact avec l’assistant Commissaire de Police (ACP) Ramsurrun de la Southern Division. Une enquête a été ouverte. Je demande à Jean-Luc de rencontrer l’ACP Ramsurrun afin d’exposer son problème en détail.» Il explique qu’une enquête a été initiée pour situer les responsabilités, qu’elle sera faite dans les normes. « Pour l’accident, les procédures seront suivies. La partie concernée, c’est le chauffeur et non le propriétaire du 4X4. »

« Le Agreed Statement of Facts est rempli quand les deux parties acceptent leurs torts. Si l’une d’elles change d’avis au milieu de la procédure, un formulaire (Form 179) doit être rempli. Les documents seront alors envoyés au Traffic Branch qui les expédiera ensuite aux assureurs avec un rapport. Il n’y a pas eu d’accord à l’amiable. Le Notice of Intended Prosecution entre alors en jeu. Une enquête sera menée et c’est la justice qui tranchera dans cette affaire. Et les parties concernées par l’accident et les policiers doivent suivre les protocoles établis », insiste encore l’inspecteur Shiva Coothen.


Élimination de l’alcool dans le sang

On peut déterminer la présence d’alcool par rapport à l’heure.

Barlen Munsami, auteur du best-seller Le guide complet du conducteur apport des précisions concernant l’accord à l’amiable. Il n’est pas applicable quand l’un des chauffeurs est sous l’influence de l’alcool. Tout dépend de la quantité d’alcool consommée. Si la personne a bu 300 g/l mg d’alcool (équivalent à 10 verres), il aura 300 g/l d’alcool dans le corps. Il est scientifiquement prouvé qu’il faut une heure pour éliminer 15 g/l d’alcool chez un homme et 10 g/l chez la  femme.

Donc, il faudra 20 heures à un homme pour évacuer tout ce volume d’alcool et 30 heures pour la femme. Il y a des cas où le chauffeur s’est enfui et revient quelques heures après pour l’alcotest. Dans ce cas, on applique la règle du back calculation. Elle permet de déterminer la présence d’alcool dans le sang par rapport à l’heure. Ainsi, si après avoir consommé des boissons alcoolisées, la personne vient après trois heures pour l’alcotest, les policiers peuvent calculer son alcoolémie suivant la formule 10 ou 15 g/l = une heure.