Asvinsing Dahoo, lauréat : un bel exemple à suivre

Par Preity Ramessur-Bhoyroo O commentaire
Asvinsing Dahoo

« On reçoit ce que l’on donne ». Telle est la devise d’Asvinsing Dahoo, 19 ans.

Cet habitant de Vuillemin, Quartier-Militaire, est un lauréat sur critères sociaux du Higher School Certificate. Élevé par une mère « cleaner » après la mort de son père, il fait honneur à sa famille.

« Je ne m’attendais pas à cela. Les sacrifices de ma mère et mes efforts ont finalement porté leurs fruits »

Issu d’une famille modeste, Asvinsing Dahoo, est un bel exemple à suivre. D’ailleurs, à la suite de la proclamation des noms des lauréats, de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux ont eu des mots élogieux pour cet ancien élève du collège Modern.

Le Dimanche/L’Hebdo est allé à la rencontre de cet étudiant en Graphic Design dont l’histoire est désormais une source d’inspiration pour les jeunes.

Asvinsing Dahoo, en compagnie de sa mère et de son frère.

« Je ne m’attendais pas à cela. Les sacrifices de ma mère et mes efforts ont finalement porté leurs fruits », dit-il, très ému. Il vit avec sa mère, Uma, et son frère, Atish, un policier.

Asvinsing Dahoo raconte qu’il a fréquenté l’école primaire de sa localité. Il a fait ses études secondaires jusqu’en Form V au collège Royal Holloway, à Montagne-Blanche.

« Mon frère m’a conseillé de compléter mon Higher School Certificate (HSC) 2016 au collège Modern. J’avais comme matières Art and Design, Hindouisme, Business et informatique », indique-t-il.

Toutefois, cet étudiant à l’université de la technologie confie avoir eu un parcours très difficile. « J’avais 4 ans quand mon père est décédé. Ma mère était seule pour s’occuper de mon frère et de moi. Elle travaillait comme femme de ménage. Avec les revenus qu’elle percevait, elle a pu économiser pour nous envoyer à l’école. Seule, elle est parvenue à subvenir à nos besoins », confie-t-il.

Petits boulots

Le lauréat a travaillé pendant les vacances scolaires, afin de payer les frais de ses leçons particulières. « J’ai été tantôt serveur dans un snack tantôt employé d’un libre-service », relate-t-il. Il a été également épaulé par ses amis et ses deux enseignants d’art et de business respectivement. « Mes amis m’ont aidé pour l’achat de matériel pour la peinture et mes enseignants m’ont encouragé moralement », fait-il observer.

« Grandir dans la précarité n’est pas une excuse pour ne pas avancer dans la vie ou ne pas avoir un bel avenir »

Après avoir reçu ses résultats de HSC, il décide de poursuivre ses études en Graphic Design. « C’est mon frère qui a payé les frais universitaires », poursuit-il. Rien ne laissait présager que le destin d’Asvinsing prendrait une autre tournure.

« La bourse que j’ai reçue est le meilleur cadeau que j’ai pu offrir à ma mère et à mon frère. Car elle financera mes 3 années d’études à Maurice. Cela me fait vraiment chaud au cœur. Je remercie Dieu et tous ceux qui m’ont soutenu dans mon parcours », dit-il. Sa mère, la cinquantaine, exerce toujours comme « cleaner » dans un snack.

Elle n’a jamais voulu abandonner ce métier, bien qu’elle ne perçoit qu’un maigre salaire, car, pour elle, cela reste un métier qui l’a aidée à élever ses deux fils.

« Grandir dans la précarité n’est pas une excuse pour ne pas avancer dans la vie ou ne pas avoir un bel avenir. Dieu reconnaît les efforts et la persévérance d’une personne. Il la récompense à sa juste valeur. Il faut toujours garder espoir et ne jamais baisser les bras », estime-t-il.

Vite dit
La polémique enfle en ce qui concerne le salaire « dérisoire » des « cleaners ». Jane Ragoo, la syndicaliste, prévoit une grève de la faim si les droits des « cleaners » ne sont pas revus. « Vivre avec un salaire de Rs 1 500 par mois ne suffit pas vu la cherté de vie », dit-elle.