Ashin Burrut : « On a oublié le Black Saturday »

Par Jean Claude Dedans O commentaire
ashin burrut

Il estime que les autorités ne jouent pas leur rôle. Et que nous n’avons pas tiré les leçons qui s’imposaient des inondations de mars 2013.  C’est, en tout cas, ce qu’affirme Ashin Burrut, environnementaliste et Health and Safety Manager. Alarmiste ou réaliste ?

Quelle est votre appréciation de la gestion du passage de Berguitta par les autorités ?
C’est comme « apre lamor latizann ». Il est trop tard pour que les autorités s’occupent des drains bouchés. Le pays a été handicapé durant deux jours, à cause de l’incompétence des autorités. On a vu sur Facebook les images des soldats de la SMF nettoyant les drains, les ponts et les rivières.

Ne parlons même pas des collectivités locales. C’est navrant et choquant. Quelque part, quelqu’un a oublié de faire son travail. C’est dommage que des maisons ont été inondées, car les régions à  risque sont connues de tous, y compris des autorités.

Quels enseignements doit-on en tirer ?
Lesson learnt is to ensure that we have competent engineers before giving birth to a new building in a specific area. On doit toujours penser à l’eau, qui pénètre partout. En cas de déluge, où va aller toute cette eau ? Les bâtiments et maisons ne doivent pas être construites dans des régions connues pour être dangereuses. Je reviens aux collectivités locales, qui ne jouent pas leur rôle, qui est de protéger les habitants. Que font leurs équipes ? Attendre le dernier moment avant le déluge ? Fer gagn rie. Quant aux ponts, n’en parlons pas....

Est-ce que Maurice est prête à faire face aux calamités naturelles ?
Not at all. Berguitta was just close to Mauritius and it is as if we have faced a tsunami. Tous les ponts étaient submergés, des maisons inondées. Les drains bouchés en sont la cause. S’il y en a, ils sont mal construits et pas entretenus, Je me demande ce que font nos ingénieurs. Mauritius will be able to face natural calamities only if the drains are well constructed and maintained. Vous pouvez avoir les meilleures canalisations, mais si elles ne sont pas entretenues...

Est-ce la construction sauvage de maisons est la cause des accumulations d’eau ?
Ceux qui construisent des maisons au bord des rivières ont-ils eu les permis requis ? Je ne le pense pas. Le pire, c’est que ce sont ces gens qui ont leur maison près des rivières qui y jettent toutes leurs ordures. Vous vous étonnez que les rivières débordent ? À qui la faute ? « Pas à mon père, pas à ma mère », comme dit la chanson. Des permis n’auraient jamais dû être délivrés pour la construction de maisons sur les berges des rivières.

Des permis n’auraient jamais dû être délivrés pour la construction de maisons sur les berges des rivières »

Depuis les inondations de mars 2013, êtes-vous satisfait de la construction de drains dans les régions à risque ?
Cette question est importante. Les événements à Canal-Dayot ont choqué tout le monde. On a apporté des améliorations. Mais qu’en est-il du Caudan ? Rien de rien. Le sous-sol comporte le même danger. Les petits commerces opèrent toujours dans les passages souterrains. On n’a pas tiré les leçons des inondations de mars 2013.

On a oublié le Black Saturday. This is heart breaking. Depuis 2013, rien n’a été fait. Rien de rien. Imaginez que les écoles sont forcées de fermer à cause de fortes averses ? On n’est ni au Canada, ni en Europe. On est une petite île ensoleillée, mais dès qu’il pleut, on est inondé. Ridicule. Cela a un impact sur notre économie. Qui casque ? Les tax payers.

À chaque averse, il y a un grand nombre de réfugiés, dont la plupart sont des squatters. Que faut-il faire ?
We feel pity for those squatters. La NHDC devrait fournir la solution à ce problème. Exemple concret d’une construction irréfléchie : l’État a bâti des maisonnettes sur un terrain marécageux. Quand il y a de grosses pluies, les logements sont inondé et il faut porter secours aux résidents. Commentaire ?

Vous savez, construire des maisonnettes pour les demunis, c’est de la politique. C’est juste pour montrer que le gouvernement est un caring one. On construit n’importe où, on s’en moque, il faut marquer des points.

Les maisons mauriciennes respectent-elles les normes de « health and safety » ?
Toutes les maisons ne respectent pas ces paramètres. Et on s’étonne qu’en 2018, il y ait encore des maisons inondées ? Puis, il y a les dalles des maisons qui ne sont pas conformes, pas de possibilité pour l’eau d’´être évacuée.

Durant la période cyclonique, même en classe III, certains employeurs vont récupérer leurs employés. N’est-ce pas là un danger potentiel ?
My question : is there any safety on the road as we have seen so many of them blocked by falling trees. Ma deuxième question est la suivante : quand on demande à un employé de venir travailler en temps cyclonique, lui donne-t-on la garantie d’une sécurité en route, au travail et un retour sauf chez lui ? Je dis non.

Toutefois, certains employeurs ont donné la possibilité de travailler à la maison, mais faut-il encore qu’il y ait de l’électricité. I heard that some employees in ébène spent more than 24 hours at their workplace during cyclone warning class 3. This is not fair. Sleeping bags were provided and they had to sleep on the floor, which is not easy. Even if the company is providing food, is it the same food as served at home or is it only ‘biskwi ek delo lor kota’?

N’est-il pas temps de faire passer tous les câbles électriques sous terre, évitant ainsi que les pylônes tombent au moindre cyclone ?
Yes, this is a great idea. We have seen houses in Mauritius already using underground electric cables. Je pense que le gouvernement devrait passer au mode underground. C’est cher, mais il faut le faire.