Après avoir survécu à une crise cardiaque : Gérard Nayna est aujourd'hui à l'ICU à la suite d'une chute

Par Kendy Antoine O commentaire
Gérard Nayna

En une fraction de seconde, tout a basculé pour Gérard Nayna (52 ans) et sa famille. Depuis mercredi, ce père de famille a été placé sous respiration artificielle aux soins intensifs de l'hôpital Victoria de Candos.

Patient cardiaque, Gérard Nayna avait déjà été victime d'un malaise, il y a quelque temps. Il avait pu surmonter cette épreuve. Sa famille garde espoir. « Le médecin nous a dit d'attendre 48 heures après son intervention chirurgicale », nous dit son fils Damien. Gérard Nayna est une figure connue à Tamarin. Père de deux enfants, il est le gérant d'une station de lave-autos dans la région depuis quelques années. Son fils l'aide dans ses activités. Le quinquagénaire est très apprécié dans le voisinage. « Les gens le connaissent. Mon père est très croyant. Il est très actif dans le social. »

Il y a six mois, nous dit Damien, la famille avait dû faire face à une première épreuve. « Mon père était à la maison et avait fait un malaise. À l'hôpital, nous avons appris que c'était une crise cardiaque. Il était revenu de loin. » Gérard Nayna avait été placé sous observation à l'unité cardiaque de l'hôpital Victoria de Candos. Le fils ajoute : « Il a suivi ses traitements et s'en était sorti. » Malgré cette attaque, le quinquagénaire était très actif, tant sur le plan social que professionnel. Il était d'ailleurs parmi ceux qui ont apporté du soutien à la famille Dorice L'Enflé (38 ans), tuée par balle par son époux Lelio Zephire (65 ans).

Ni rafale ni pluie

Une nouvelle fois soucieux de son prochain, Gérard Nayna, alors que le cyclone Berguitta venait de passer en alerte 3, est monté sur le toit de sa maison le mercredi 17 janvier. « Il y est monté pour enlever l'antenne télé. Il n'y avait pas de rafales ni de pluie. Il avait fini et redescendait quand il a chuté de l'escabeau », explique Damien. En effet, l'escabeau a glissé et Gérard Nayna est tombé, la tête en avant.

Grièvement atteint au crâne, il a été transporté d'urgence à l'hôpital Yves-Cantin, à Rivière-Noire. « Le médecin de service a fait tout ce qu'il pouvait. Nous avons demandé qu'il soit transféré à l'hôpital Victoria, car il y avait déjà une ambulance sur place. Mais le chauffeur nous a dit qu'il n'avait pas reçu d'ordre de son supérieur pour se plier à notre requête », s'indigne le jeune homme.

Et Damien de souligner : « Nous avons insisté car c'était un cas urgent. C'est au bout de deux heures qu'un véhicule blindé de la Special Mobile Force (SMF) nous a conduits à l'hôpital de Candos. »

Gérard Nayna a subi une intervention délicate le même jour. « Mon père ayant déjà fait une crise cardiaque, le médecin de service jugeait que c'était risqué de lui faire une autre intervention à son crâne. L'opération a été un succès. On nous a dit d'attendre deux jours au moins pour un diagnostic. »

Pas de sortie pour les ambulances en alerte cyclonique 3

Ils ont été nombreux à solliciter l'aide des ambulanciers au cours de ces deux jours, où le cyclone Berguitta a tenu le pays en haleine. Les ambulances n'ont pas le droit de véhiculer les malades ou blessés en cas d'alerte 3. C'est plutôt un blindé de la SMF qui s'en charge. « En alerte 3, les ambulances ne sont pas habilitées à transporter les malades ou autres blessés. Avant même l'alerte donnée, nous avions déjà posté des blindés dans les cinq hôpitaux régionaux. C'est le même personnel d'une ambulance, mais qui roule, en cas de force majeure, en blindé. Pour le cas de Tamarin, le blindé s'y pliait à une autre requête d'un patient cardiaque et s'était rendu à l'hôpital Yves-Cantin. Tout a été fait pour porter secours à la victime », nous explique un préposé au ministère de la Santé.