Animaux domestiques : des compagnons qui coûtent cher

Par Preity Ramessur-Bhoyroo, Shalini Raggoo O commentaire
Animaux domestiques

L’engouement pour les animaux de compagnie est une tendance de plus en plus affirmée à Maurice.

Ces compagnons, vendus à prix d’or, attirent les passionnés d’animaux. Certains les considèrent comme des membres de leur famille et déboursent des sommes conséquentes pour s’en occuper. Rencontres.

David athaw : « Le poisson arowana me porte bonheur »

Pour la communauté chinoise, posséder un poisson arowana, aussi connu comme dragon fish, c’est être gracié des pouvoirs mythiques du dragon et jouir, notamment, d’une bonne santé, du bonheur et d’affaires florissantes. David Athaw, un jeune homme de 34 ans, est l’heureux possesseur d’un arowana super red.

Pour ce Portlouisien, Sales Executive  dans une compagnie automobile, le poisson est associé au prestige et au pouvoir. « L’arowana que je possède est plus qu’un symbole de luxe. Il y a une croyance asiatique sur la possession de ce type de poisson, surtout le super red. Il ressemble à un dragon et, bien évidemment, il me porte bonheur », dit David Athaw. Cela fait bientôt trois ans depuis que le jeune homme nourrit le poisson.

« Je l’ai importé de l’Indonésie en 2014. Il avait quatre mois. L’arowana lui-même et les frais d’importation m’ont coûté approximativement Rs 33 000. Aujourd’hui, le poisson a bien grandi et sa valeur marchande s’élève entre Rs 80 000 et Rs 100 000 », souligne-t-il.

Il explique que cette espèce est très sensible à l’ammoniaque. « Je dois constamment retirer l’eau de l’aquarium pour la garder propre. Je donne à manger à l’arowana deux fois par jour », indique-t-il.

Selon David Athaw, l’engouement de nombreux de Mauriciens pour cette espèce est énorme. « Il y a quatre types d’arowana : le Silver, le Pearl, le Gold et le Super Red. Le Silver coûte entre Rs 1 200 et Rs 12 000, le prix pour le Pearl varie entre Rs 3 500 et Rs 5 000. La valeur marchande du Gold se situe entre Rs 20 000 et Rs 40 000 », explique-t-il.

Alain Mooken : « Mon cheval Rosellini m’est très cher »

« J’ai un attachement spécial et inexprimable pour Rosellini ». Ce que dit Alain Mooken, âgé de 41 ans. À Riche-Fond, ce père de famille gère une ferme comprenant toutes sortes d’animaux d’élevage : poules, canards, une vache, des bœufs, des lapins et des oiseaux, entre autres. Mais ce qui lui est le plus cher, c’est son cheval Rosellini.

Étant un passionné de chevaux, Alain Mooken a créé un concept unique en son genre, dont l’objectif principal est d’ouvrir la voie à des loisirs. « Rosellini est un cheval réformé des pistes de course. Ce qui a nécessité de faire preuve de beaucoup de patience. Ainsi, il a subi un entraînement intensif avec une alimentation et un suivi médical appropriés. Aujourd’hui, Rosellini est devenu très doux, amical et très populaire, avec les enfants surtout », explique-t-il. Cela fait déjà six ans qu’Alain Mooken s’occupe seul de Rosellini.

« L’entretien du cheval se fait une fois par mois par un palefrenier. En plus de la nourriture de l’animal, cela me coûte entre Rs 5 000 et Rs 7 000 mensuellement. Je dois surveiller constamment le poids de Rosellini. Une prise de poids assez importante et il risque de faire un arrêt cardiaque », dit-il.

Pour Alain Mooken, un cheval est bon non seulement pour le corps, mais pour l’esprit et le cœur de son maître.

Noémie Barragan : « Posséder un animal de compagnie est un engagement »

Noémie Barragan a baptisé son perroquet, un ara ararauna bleu, Lucky. « Il a beaucoup de valeur à mes yeux », indique-t-elle. Il y a deux ans, elle décide d’avoir un perroquet comme animal de compagnie, bien qu’elle n’ait jamais trop aimé les animaux à plumes. Elle confie qu’elle est tombée amoureuse d’un ara rouge lors d’une visite chez un ami, il y a deux ans à Paris.

« Je me suis décidée et je ne compte pas quand il s’agit des animaux. Je l’ai acheté à Rs 150 000. Posséder un animal de compagnie est un engagement. On doit lui donner tout ce dont il a besoin et passer du temps avec lui. J’essaie d’en passer un maximum avec lui, pour jouer avec lui, le stimuler, lui apprendre de petits tours. Je veux qu’il soit au top. Je lui achète les meilleurs aliments et des fruits bios, des sels minéraux, des graines et des croquettes, sans oublier des jouets. Il faut aussi penser à sa sécurité. Nous avons installé une grande volière avec caméra à l’intérieur avec des jouets et la nourriture à volonté et à l’extérieur un immense parc de jeu. avec des jouets et des aliments cachés, des balançoires aussi avec caméra. C’est drôle de l’observer quand je suis absente ».

Il aboie comme les chiens quand des visiteurs passent. Il essaie aussi de communiquer avec le singe et la chèvre. Il me parle souvent, du style « coucou ça va ? », « on parle de moi » « miam » « Falco (notre chien) va au panier », « on danse ». Lucky aime danser sur de l’électro lounge en rythme et il siffle sur la musique. De plus, il a fait pas mal de tournages de film, de pub, des spectacles. C’est une star.

Cette passionnée d’animaux possède également dix jeunes chevaux et poneys, dont Vinci du Loup, un hongre palomino demi-sang arabe né au Maroc, Romeo du Graffard, étalon frison sport né en France, entre autres, sans oublier les juments Karmen Barragan, la jument de sa vie lusitanienne née au Portugal, de robe truité de 20 ans, et sa miniature américain cookie fortune sparkling 60 cm. On trouve aussi des singes, des tortues, une chèvre, des chiens et des chats. J’essaie de leur consacrer beaucoup de temps et d’amour, car ils les méritent.

« Les chevaux, en fonction de la race, peuvent varier entre Rs 240 000 et Rs 4,8 M. Il y a aussi les coûts divers, comme les soins, les frais des vétérinaires. Je dépense environ Rs 32 000 par mois par cheval. Tous mes animaux vivent en semi liberté ; ils rentrent seulement pour manger le matin et à midi et pour manger et dormir le soir. Depuis peu, j’ai la chance d’avoir dans notre équipe Philippe Meyer, un enseignant en western, classique et éthologie qui va rester quelques mois, sans oublier le directeur du club du nord Marc, qui est le meilleur coach en saut. Grâce à eux, mes cavalières et aussi une amie, je peux voyager tranquille, car je dois être rassurée quand je suis absente ».

Radhakrishna Veerapa - Propriétaire de Kennel Shop : « Les chiens de race sont les plus prisés »

Pour Radhakrishna Veerapa, propriétaire du centre de soins des animaux Le Kennel, à Quatre-Bornes, les chiens de race, soit le berger allemand et le griffon, sont très prisés par les Mauriciens.

« J’ai pris connaissance que le husky est désormais disponible sur le marché mauricien. Il y a un engouement énorme pour cette race de chien, dont la valeur marchande varie entre Rs 80 000 et Rs 100 000 », observe Radhakrishna Veerapa, vétérinaire de profession. Les bergers allemands, poursuit-il, coûtent entre Rs 30 000 et Rs 40 000.

« Le prix du griffon varie entre Rs 2 000 et Rs 8 000 et des fois, les dépenses peuvent aller jusqu’à Rs 26 000 pour un chien de cette race », dit le vétérinaire.

En ce qui concerne, les lapins et les hamsters, le prix est estimé à Rs 300.

Govinden Appavoo : « Mon paon est symbolique… »

« Les animaux et moi, c’est une grande histoire d’amour », lance Govinden Appavoo, jeune enseignant fasciné par les animaux depuis son enfance. Sa paire de tortues lui a coûté Rs 35 000, celle de canards Rs 25 000, celle d’oies Rs 20 000 et sa paire de paons Rs  20 000.

« Le prix m’importe peu. Mes émissions préférées étaient les documentaires sur les animaux et pas les dessins animés. Après mes heures de classe, j’allais à un pet shop. J’avais huit ans quand j’ai acheté mes premiers animaux de compagnie : une paire de poules bantam et des gold fish. C’était avec mon argent de poche, que j’avais économisé pendant trois mois. En 2013, j’ai pu acheter des bébés paons que j’ai apprivoisés pour ne pas avoir de problèmes de bruit. Pour Govinden Appavoo, le paon est un animal sacré , dont les plumes sont utilisées pour les prières. Ainsi, c’est une fierté de posséder un paon, car il représente le bonheur et la chance »

Govinden Appavoo a également plusieurs animaux de compagnie : des poules de race, des tortues de terre et d’eau douce, des poissons, des oiseaux, des canards, des oies. « Je dépense Rs 10 000 en termes de nourriture mensuellement. Je me réveille à 4 h 30 tous les matins pour leur donner à manger avant d’aller bosser à 7 heures. Quand je voyage, c’est ma mère ou mon frère qui s’en occupent. Je ne trouve pas difficile d’en prendre soin, bien que leur nourriture coûte cher. Je ne compte pas m’arrêter là, le prochain animal que j’achèterai sera peut-être un cheval. »

Om Lombard : « Ce sont des êtres vivants… »

Om Lombard, gérant de Zoomania Pet Shop, qui existe depuis plus de deux ans, précise que peu importe le prix d’un animal, il ne s’agit pas d’un objet, mais d’un être vivant. Avec sept employés, mais aussi des gens passionnés, c’est avec une approche différente que Zoomania permet aux gens de partir chez eux avec leur animal de compagnie de leur choix.

« Il faut les aimer avant de les vendre. Nous dépensons plus de Rs 50 000 mensuellement pour leur alimentation. L’accent est aussi mis sur l’hygiène. Nous sommes présents sur Facebook et depuis quelques années, il y a de plus en plus de Mauriciens qui viennent. Il y a aussi la hotline et les gens savent ce qu’ils vont trouver chez nous »

Selon Om Lombard, il y a plusieurs raisons qui poussent les gens à acheter des animaux de compagnie chers. Le premier facteur est l’effet de mode, dit-il. « Qui dit animaux chers, dit animaux rares et nouveautés. Certaines personnes le font pour montrer qu’ils ont de l’argent. Par exemple, avoir un chien rare est une exclusivité. Il y a des jeunes qui ont les moyens et cela va avec leur statut social. Il y a également des connaisseurs, les gens savent très bien ce qu’ils achètent. Les gens sont bien informés, ils se renseignent sur Internet.

Ainsi, il faut respecter l’acheteur, mais aussi le vendeur qui s’occupe de ces animaux jusqu’à la vente ». Toutefois, notre interlocuteur souligne qu’il est malheureux que certains ne savent pas s’en occuper correctement. « Acheter un oiseau à plus de Rs 100 000 juste pour le mettre dans une cage ne vaut pas vraiment la peine. »

Om Lombard ajoute que les volatiles les plus prisés sont le cateau apprivoisé et le cockatiel. Aujourd’hui, tout le monde veut être éleveur. Parmi les chiens, on trouve le griffon et le teckel. D’ailleurs, on travaille avec des breeders enregistrés de labrador et de golden retriever. Parmi les animaux rares, il y a le chat sacré de Birmanie et le cavalier King Charles. Le husky peut coûter jusqu’à Rs 75 000. Par rapport aux oiseaux, il y a beaucoup d’amateurs d’oiseaux rares, mais il n’y a pas assez de vétérinaires au pays pour eux. Les oiseaux apprivoisés peuvent se vendre jusqu’à Rs 150 000 ».

Par ailleurs, il explique que les iguanes et les tortues ont un marché un peu marginal. Ces animaux sont difficiles à garder à la maison, car ce sont plutôt des animaux de jardin. Quant aux iguanes, ils peuvent devenir agressifs en grandissant et ce n’est pas pratique pour une famille.