Analyse de BMI Research : les perspectives de croissance revues à la baisse

Par DEFIMEDIA.INFO . O commentaire
Secteur du sucre

La croissance de l’économie mauricienne sera une fois de plus inférieure au seuil symbolique des 4 %, selon la firme BMI Research. Et la croissance serait encore moindre en 2019.

« Nous nous attendons à ce que la croissance mauricienne ralentisse en 2018, en raison des perspectives négatives pour l’industrie manufacturière et l’agriculture. Le secteur de la construction semble continuer à se développer, même si son impact sur la croissance globale baissera au fur et à mesure que les projets soient complétés», note BMI Research, une entité du groupe Fitch, dans un rapport sur l’économie mauricienne lancé au début de février. « Cela  dit, les vents contraires venant des marchés-clés de l’exportation sur les secteurs importants que sont l’agriculture et la manufacture atténueront les gains économiques. »

Selon BMI Research : « En 2019, nous croyons que la fin probable des travaux de construction pour plusieurs projets et la mise à exécution finale des révisions au traité de non-double imposition fiscale aura une incidence sur la croissance, la tirant vers 3,5 %. À cet égard, même si nous révisons nos perspectives de croissance réelle du Produit intérieur brut pour 2018 (de 3,4 % à 3,7 %), nous maintenons notre opinion qu’après une expansion de 3,9 % en 2017, la de croissance ralentira en 2018 et 2019. »

BMI Research est la troisième organisation – après l’Economist Intelligence Unit et le MCB Group – à annoncer une croissance inférieure à celle annoncée par Statistics Mauritius fin décembre 2017. Certes. Les raisons varient d’une analyse à l’autre. La firme  met en avant des secteurs qui n’auront pas le rayonnement  attendu. Fin février, ce sera au tour de la Banque de Maurice de communiquer ses perspectives sur l’économie mauricienne, lors des discussions du Monetary Policy Committee.

Dans son analyse sectorielle, BMI Research met le doigt sur un point sensible pour le secteur sucrier. L’élimination des quotas de production en Europe à partir d’octobre 2017 favorise la commercialisation de sucres locaux dans ce marché. Qui plus est, l’Europe est le premier acheteur des sucres mauriciens.

Le textile touché

En ce qui concerne le secteur manufacturier, les auteurs du rapport estiment que la demande y sera moindre. Le textile, représentant la plus grande part des exportations, sera affecté par une croissance anémique en Grande-Bretagne et la France, les deux principaux marchés pour le Made in Mauritius. De plus, le textile mauricien est perçu par BMI Research comme un produit de luxe dont la vente baisse sur  les marchés-clés.

Abordant le volet de la construction, les rédacteurs soutiennent que ce secteur poursuivra sa croissance en 2018 (9,5 % selon Statistics Mauritius). Des projets tels que le Metro Express, de nouveaux bâtiments pour le gouvernement et la construction résidentielle se poursuivront grâce au  soutien financier étranger et au gouvernement. Mais ces projets ne sont pas nombreux en 2018, le rapport citant la fin des travaux au Bagatelle Dam et le port (alors que le Bagatelle Dam est complété depuis plus d’un an et que les travaux au port en sont à leur début).