Allégations de brutalité policière : quand la fin ne justifie pas les moyens

Par Christopher Sowamber O commentaire
Menotté, Jason

En l’espace d’une semaine, pas moins de deux cas allégués de brutalité policière ont été recensés à l’antenne d’Xplik ou K. Récit.

Jason, âgé de 22 ans, habite Tranquebar. Il explique à notre rédaction avoir été victime de brutalité policière, le lundi 13 novembre, selon ses dires « suite à un complot familial ».
« J’ai été interpellé par la police et on a voulu m’interner à l’hôpital psychiatrique de Brown Séquard, sous prétexte que j’étais fou. J’ai été surpris que la police débarque chez moi. Je dormais dans le salon, quand des agents de l’ordre sont entrés et m’ont menotté. J’ai même été battu parce que je résistais aux policiers. Le comble c’est qu’ils ne m’ont pas présenté de mandat d’arrêt », explique-t-il. « J’ai passé plus de 24 heures dans cet hôpital qui traite les personnes souffrant de troubles mentaux, jusqu’à ce qu’un médecin m’examine et me donne l’autorisation de sortir de l’hôpital, étant donné que je suis sain d’esprit », peste Jason.

À sa sortie de l’hôpital de Beau-Bassin, il s’est rendu à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo où il s’est muni d’un formulaire 58 avant de porter plainte au poste de police de Pope Hennessy. « Je souhaiterais maintenant savoir quelles sont les procédures à suivre pour obtenir un ordre de protection, afin qu’un tel incident ne se reproduise pas. Ma femme et mon enfant ont été traumatisés par ces évènements », soutient le jeune homme.

Battu dans un hôpital devant des patients

Sollicitée à l’antenne d’Xplik ou K pour conseiller le jeune homme, Me Melany Nagen fourni les explications suivantes : « Selon les procédures, une plainte doit être déposée à la Commission nationale des droits de l’homme, étant donné que sa femme est aussi témoin dans cette affaire. Dans un deuxième temps, il faut savoir qu’il revient à un magistrat de statuer si une personne doit être admise dans un établissement psychiatrique pour y suivre des traitements. Cela ne relève pas des agents de l’ordre de décider d’un internement », explique l’avocate.

Christina Muttoorah, habitante de Belle-Mare crie également à « l’injustice » en relatant une mésaventure plus ou moins semblable. « Je déplore que mon époux ait été victime de brutalité policière, alors que je l’accompagnais pour son rendez-vous à l’hôpital de Flacq. Depuis plusieurs années, mon mari souffre d’épilepsie. Ce jour-là, il se rendait à son rendez-vous… »

Les faits se seraient déroulés le 20 novembre dernier. « Mon mari, de bonne foi, a voulu s’interposer entre un retraité et un policier après une altercation verbale  », explique notre interlocutrice. Selon ses dires, le policier n’a pas supporté qu’une personne s’interpose dans sa querelle et il en est venu aux mains avec Gérard (prénom modifié). « Le policier a battu et trainé mon mari au sol, avec l’aide de quelques-uns de ses collègues. D’autres patients ont filmé la scène. L’un d’eux a accepté, si besoin est, de témoigner de ce regrettable incident devant la justice », explique Christina.

« Mon époux a été placé en cellule. Le lendemain il a comparu en cour et a été inculpé sous trois chefs d’accusation. Il a dû fournir une caution de Rs 15 800 pour retrouver la liberté. Le même jour, il a fait une déclaration au poste de police de Belle-Mare. Comment des policiers ont-ils pu commettre de tels actes qui violent la dignité humaine? » fulmine Christina.
La rédaction d’explique ou K a dirigé la dame vers la Commission nationale des Droits humains pour y loger une plainte contre ces policiers. De son côté, le caporal Bernard Mootoosamy du Police Press Office a promis de s’enquérir de la situation et d’aider plaignante dans ses démarches.