Alexandre Sookia : au rythme des émotions

Par Caroline Duval O commentaire
Alexandre Sookia

Le Franco-Mauricien Alexandre Sookia, 27 ans, a subjugué les téléspectateurs de l’émission The Voice France 2017 avec son interprétation de « One » de U2. Les cheveux en bataille, le regard rêveur, il pose sa guitare et son micro, le temps de quelques jours de vacances dans ce qu’il décrit comme son « paradis ». Rencontre.

« La vie d’artiste n’est pas facile tous les jours. Cela demande d’avoir des contacts et de rencontrer les bonnes personnes »

Dans la tête d’Alexandre Sookia défilent des milliers d’émotions qui lui permettent de créer ses plus belles compositions. Né d’un père mauricien et d’une mère française, il s’accorde chaque année un retour aux sources.

Le Franco-Mauricien a lancé son premier album : Beautiful Monsters.

Cela fait 10 ans qu’il fait de la musique et pourtant, c’est le plateau du concours de télé-crochet The Voice qui lui a permis de se faire un nom.

« La musique a toujours eu une place privilégiée dans ma vie. Mes parents sont des passionnés de musique. Ce sont d’ailleurs eux qui m’ont légué cette passion. » À l’âge de 16 ans, il obtient sa première guitare. À cette époque, ses parents ne se doutaient pas une seule seconde que cette guitare était la première étape vers son succès.

Autodidacte, à 18 ans, l’artiste commence à faire ses propres compositions, influencées par le folk. Il s’imprègne du style de chanteurs comme Paolo Nutini, Ray Lamontagne ou encore Eddie Vedder.

Alors qu’il se lance dans des reprises et des petits concerts dans les marchés en été, le jeune homme se fait remarquer par la marque de surf Twenty Nine en Bretagne. À l’époque, le chanteur, qui vivait au jour le jour et chantait pour le plaisir, ne pensait pas encore à faire carrière dans la musique.

Twenty Nine propose de le sponsoriser en lui offrant la possibilité de chanter lors de ses événements. « C’était l’occasion rêvée pour moi de promouvoir ma musique et mes compositions », confie-t-il.

C’est après de nombreux concerts qu’il se fait repérer par une maison de production, il y a quatre ans. Les portes s’ouvrent alors pour Alexandre Sookia, qui fait ses preuves en créant de la musique pour la télévision et le cinéma.

« Avec du recul, je commençais à prendre conscience de mon talent et à réaliser que la musique est ma voie. » Il abandonne ses études du jour au lendemain pour se consacrer pleinement à la musique.

Sa voie

Influencé par son vécu et ses émotions, le premier album Beautiful Monsters d’Alexandre est le reflet de son âme et de plusieurs étapes de sa vie. « Je n’ai jamais cessé de composer en anglais et j’avais toujours voulu faire quelque chose de concret de tout ça. »

Depuis deux ans, il dit pouvoir vivre de sa musique, grâce aux droits d’auteur. « La vie d’artiste n’est pas facile tous les jours. Cela demande d’avoir des contacts et de rencontrer les bonnes personnes. Dans la musique, ce qui permet de vivre, ce sont les placements de tes musiques, pas les ventes d’albums ou les concerts. »

Le jeune homme revient sur son passage dans le concours The Voice France. « Ils ont contacté la marque de surf et recherchaient une personne qui avait mon profil. Au début, j’ai dit non, car je n’avais pas vu l’émission, mais j’ai fini par accepter et c’est sans regret. »

C’est une occasion qui donnera un nouveau souffle à sa carrière. Il parvient à atteindre les étapes ultimes. « Je connaissais le cinéma et la télé, mais je n’avais jamais été devant les caméras. Cela a été positif. Après The Voice, les gens de la région me reconnaissaient et j’ai été sollicité pour des émissions et des articles par la suite. Cette frénésie a duré tout l’été. »

Aujourd’hui, Alexandre trace sa carrière au gré de ses compositions. Il entame de nouveaux titres dans un style différent de ce qu’il a présenté jusqu’à présent. « Je suis d’avis qu’il faut que la musique d’un artiste évolue. J’ai envie de présenter un autre registre aux gens dans mon prochain album. »

« Avec du recul, je commençais à prendre conscience de mon talent et à réaliser que la musique est ma voie »

Pour ce faire, il travaille de concert avec un ami d’origine réunionnaise. Au-delà de son style de musique habituel, son prochain album, Wood Lize, comprendra des titres pop, hip-hop et même électro. Le jeune talent prévoit une surprise à ses fans, avec également deux morceaux en français.

Inspiré par les rythmes et la chaleur de son île, il se dit fier d’avoir la double nationalité et n’hésite pas à en parler lors de chaque entretien. Il profite de ses vacances à Maurice pour se reconnecter à sa famille mauricienne et pour pratiquer sa deuxième passion : le surf.