Agression : le calvaire de Tibye Najim, 66 ans, agressé à coups de pierre

Par Kendy Antoine O commentaire
Tibye Najim, la victime.

Il s’était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Depuis le 4 janvier dernier, Tibye Najim, 66 ans, est admis à l’hôpital. Ce retraité a été tabassé à coups de pierre par Kamlesh M., un jeune de 18 ans. Cette terrible agression, qui avait rendu la victime méconnaissable, s’est produit à quelques mètres de sa maison, à Bel-Air, Rivière-Sèche. La victime se soulageait d’une envie pressante, quand son agresseur lui est tombé dessus.

Les proches  de la victime sont remontés après cette agression. Voilà plus d’une semaine que ce père de famille est hospitalisé et a du mal à s’exprimer. « Il doit encore subir une intervention, car ce voyou lui a fracturé la mâchoire. Il va être transféré dans un autre centre hospitalier », lâche Seereen, sa fille, qui ne cache pas sa colère.

Aux dires de celle-ci, la famille passe par une dure épreuve, d’autant que sa mère, gravement malade, est, depuis l’agression, anéantie. « Ma mère combat actuellement un cancer. Le jour où mon père s’est fait agresser, elle était en traitement à l’hôpital », nous dit-elle.

Le lendemain, elle est rentrée à la maison. La famille n’avait d’autre choix que de l’informer de cette agression terrible. « Elle est allée voir mon père à l’hôpital. Elle a été terriblement affectée en voyant mon père. En 42 ans de mariage, elle ne l’avait jamais vu dans un tel état », poursuit-elle.

Tibye Najim, ancien forgeron, est connu dans la localité. « Zame mo papa pann gagn problem ek person », dit-elle. Il y a quelque temps de cela, le fils de la victime avait porté plainte pour un vol de chaises à leur domicile. Kamlesh M., 18 ans, qui habite à seulement quelques mètres de leur maison, avait été appréhendé. Ce dernier est fiché à la police de Bel-Air pour divers délits, dont le vol.

« Il n’avait pas digéré son arrestation et a ruminé une vengeance à notre encontre », ajoute Seereen. Dans l’après-midi du 4 janvier dernier, Tibye Najim était sorti de la maison. « Il a l’habitude de faire de la marche dans la localité », relate sa fille.  Or, ce jour-là, lors de sa promenade, il a été pris d’une envie pressante.

Il a vu une maison abandonnée et s’y est précipité pour se soulager. Il a toutefois été surpris par le jeune Kamlesh. « Linn deman mo papa ki li pe fer la. Mo papa inn dir li pa kot li la », ajoute Seereen. Et les coups auraient commencé à pleuvoir sur le retraité. « Linn komans bat li koud pwin ek zour li. Lerla linn pran enn ros linn bat li dan so figir », explique la fille.

Devant la violence des coups, Tibye s’est effondré. Il doit son salut à des habitants de la localité. « La prière à la mosquée venait de prendre fin. Ceux qui rentraient chez eux ont vu mon père à terre en sang. L’agresseur a pris la fuite », raconte Seereen. La victime, le visage boursoufflé, a été conduit chez ses enfants. « Mon frère a voulu aller retrouver le jeune homme, mais nous avons dû conduire mon père de toute urgence à l’hôpital de Flacq », indique-t-elle.

Une fois à l’hôpital, elle dit avoir reçu des menaces de la part de l’agresseur de son père. «  Il s’y était également rendu et a soutenu avoir été agressé par mon père. Nous avons informé la police. Il a menacé de me tuer », se souvient-elle.

Le suspect a été arrêté le vendredi 5 janvier. Il a nié les accusations portées contre lui et a dit aux policiers que c’était lui qui avait été agressé par le sexagénaire. Il a comparu devant le tribunal de Flacq sous une charge provisoire d’agression. Il  a été maintenu en cellule policière. Quant à Tibye Najim, il se remet lentement de ce traumatisme.