Adi Teelock, porte-parole de 270 Lavwa : «Il faudrait introduire le péage routier»

Par Jean Claude Dedans O commentaire
Adi Teelock

Adi Teelock ne croit pas que le Metro Express, projet-mammouth autour duquel il y a trop d’opacité selon elle, réduira les embouteillages. Pour la porte-parole de 270 Lavwa qui milite pour la conservation du « jogging track » de la rue Vandermeersch, le problème ne sera pas résolu tant que le péage ne sera pas introduit dans la capitale.

« Comment irons-nous à Ébène pour faire du jogging, en métro ? »

Quel est votre sentiment au moment du démarrage des travaux pour le Metro Express ?
En tant que citoyenne et porte-parole de 270 Lavwa, l’opacité qui entoure ce projet me turlupine. Voilà un projet qui se fait sans un Environmental Impact Assessment (EIA), sans en connaître l’impact social et environnemental. C’est un recul alors que le gouvernement présente ce projet comme un progrès. Comment peut-on mettre en place un projet de cette envergure sans une évaluation de l’impact sur l’environnement, la population et la société ?

Le gouvernement a fait une exception, dans l’intérêt général, pour qu’un EIA ne soit pas nécessaire.
Le gouvernement a enlevé le Metro Express de la liste des projets qui requièrent un EIA à travers un règlement, c’est-à-dire sans passer par le Parlement. Or, le public a le droit de savoir et de commenter. Les grands projets publics, comme le Bagatelle Dam, ont été sujets à un EIA. Depuis 1993, je pense que c’est la toute première fois qu’un gros projet, qui aura un impact considérable sur notre environnement, se fait sans un EIA. C’est grave. C’est un retour en arrière et c’est contraire aux sustainable goals que le pays s’est fixé. C’est tragi-comique.

Pourquoi vouloir se battre pour le « jogging track » de la rue Vandermeersch ?
On veut sauver le Jardin Bijou et la Promenade Roland Armand. C’est un espace multifonctionnel, un espace vert unique à Beau-Bassin/Rose-Hill, pas uniquement un jogging track. On demande aux joggers et aux marcheurs d’aller à Ébène. Comment ceux qui habitent dans le centre iront-ils à Ébène pour le jogging ou la marche ? Pas en métro, je suppose.

Pourquoi ne pas se battre également pour le centre sportif de résidence Barkly qui bientôt n’existera plus ?
À Barkly, il y a déjà une protestation et on demande pourquoi relocaliser ce complexe sportif.

N’est-il pas bon d’avoir un mode de transport de masse moderne ?
Je suis pour un mode de transport de masse alternatif, mais je me demande comment le Metro Express résoudra le problèmes des embouteillages à Maurice ? En même temps qu’on introduit le Metro Express, on construit des routes pour décongestionner et donc pour encourager l’utilisation de voitures. Où est la logique ?

N’est-ce pas un mal nécessaire pour un pays qui se développe ?
On veut imiter d’autres pays. Est-ce comparable au niveau de la population ? Est-ce que nos conditions sont les mêmes ? Ailleurs, il y a des populations de plusieurs millions. Est-ce que nos besoins sont les mêmes ? C’est à ces questions qu’il faut répondre. Pour que le Metro Express marche, il faut encourager les Mauriciens à laisser leurs voitures au garage. Pourra-t-on y parvenir ?

Peut-être que le péage routier apporterait la solution ?
Y aura-t-il le péage à l’entrée de Port-Louis ? Si le péage est introduit, les Mauriciens réfléchiront alors avant de prendre leurs voitures pour se rendre dans la capitale. Par ailleurs, va-t-on continuer à offrir des voitures hors taxes aux fonctionnaires pour les inciter à continuer à rouler sur nos routes ? Toutes ces questions et tant d’autres encore demeurent sans réponses.