Achats de fin d’année : le compte à rebours a commencé

Par Melanie Duval O commentaire
noel

Le compte à rebours a commencé. Les cadeaux trônent fièrement sous le sapin de Noël… Les dépenses agréables certes, encore faut-il savoir satisfaire ses priorités et gérer son budget afin de ne pas tomber dans la spirale de l’endettement ou du surendettement.

Les achats de fin d’année 2017 ont déjà commencé pour beaucoup de Mauriciens. La cohue se dessine tout doucement dans les centres commerciaux et les rues marchandes, aux abords des boutiques. Beaucoup de Mauriciens préfèrent faire leurs achats de fin d’année plus tôt. Comme Raj qui souhaite éviter la grosse foule de fin de décembre. « Je préfère m’y prendre dès maintenant pour éviter la foule. En outre, c’est plus facile de trouver quelque chose aujourd’hui qu’après. Je prévois un budget de Rs 10 000 et je suis sûr de bien le gérer si je m’y mets tôt. Je vais commencer par acheter le matériel scolaire de mon fils et quelques achats pour la maison. »

Qui dit décembre, dit aussi grosses dépenses. Mais avec une bonne planification, on peut s’en sortir sans mal. Tel qu’Amanda qui a déjà fait ses comptes et planifier un investissement de Rs 5 000 pour les achats de fin d’année. « Je ne peux me permettre que Rs 5 000. Cela veut dire que j’achèterai l’essentiel. Je commence mes achats par un bon repérage des magasins et des offres pour savoir quoi acheter. »

Cadeaux de Noël, décorations pour la maison, vêtements. Les bonnes affaires ne manquent pas. Alors que les clients sont ravis des bons plans et des nouveautés de fin d’année, les commerçants se frottent déjà les mains. Décembre est le mois le plus lucratif pour réaliser de bonnes affaires. Shaheen, responsable de magasin, évoque l’affluence en cette période. « Les gens commencent à faire leurs achats pour les fêtes. On a remarqué une affluence depuis début décembre. Nous allons commencer à fermer plus tard d’ici à une semaine. »

Relooker sa maison fait aussi partie des priorités à réaliser au mois de décembre. Perdue au milieu des dizaines de modèles de rideaux, Danielle a l’embarras du choix. « Je souhaite refaire mes rideaux cette année. Je ne sais sur quoi porter mon choix, c’est pourquoi je suis venue voir assez tôt pour me décider. Installer de nouveaux rideaux pour le Nouvel An est une tradition. »

Le budget des Mauriciens pour les rideaux oscille dans la fourchette de Rs 4 000 à Rs 50 000, soutient Sheik Kinoo, revendeur. « Les clients viennent depuis plusieurs semaines déjà pour acheter leurs rideaux. La tendance cette année : les tissus soyeux et à motifs dorés. Le budget moyen pour les rideaux est de Rs 4 000. »


Jayen Chellum, secrétaire général de l’Acim : «Il y a un manque de mesures de protection des consommateurs»

«Beaucoup de consommateurs achètent à crédit en fin d’année, constate Jayen Chellum, secrétaire de l’Association de consommateurs de l’île Maurice. Il précise que cette tendance se traduit principalement lorsque la personne perçoit son treizième mois.

« Le mois de décembre est très spécial pour les consommateurs. Les Mauriciens dépensent plus en cette période. Certains privilégient le matériel scolaire de leur progéniture, d’autres préfèrent leur acheter des jouets d’abord. Tout dépend des gens et de leurs

revenus », fait valoir Jayen Chellum de l’Association de consommateurs de l’île Maurice (Acim). Et d’ajouter : « Les Mauriciens doivent se méfier des publicités en cette période de fêtes. Les publicités jouent un grand rôle pour les inciter à dépenser le plus possible. Les consommateurs se laissent tenter /berner et on a souvent tendance à imiter les autres ou ce qu’on voit dans les films. Et là, on achète souvent au-dessus de ses moyens : on consomme de grandes marques, comme ceux qu’on trouve en Europe. »

Pour le secrétaire général de l’Acim, les mesures de protection des consommateurs présentent de gros manquements. « Les publicités sont souvent mensongères. Il y a un manque de mesures de protection des consommateurs. Ainsi affiche-t-on un prix réduit, mais finalement ce n’est pas le cas. Il n’y a pas assez de mécanismes de contrôle pour sanctionner les abus. Nous attendons toujours l’adoption de la Consumer Protection Act promise depuis longtemps. »

Concernant l’achat à crédit, Jayen Chellum estime que la baisse du taux d’intérêt — ramené de 19 à 12 % — soulage, certes, les consommateurs, « mais il reste toujours des charges à payer en cas de retard de paiement. Il importe de noter que les clients peuvent investir jusqu’à 40 % de leurs salaires pour des achats à crédit. Les Mauriciens sont conscients d’un intérêt à payer à chaque fin de mois. Ils tentent de le régler avant même la fin de l’échéance du crédit, ce qui n’est pas sans risque financier. »

Concernant les jouets, le secrétaire général de l’Acim demande au ministère de l’Industrie et du Commerce de « mener des tests réguliers sur les jouets qui sont importés à Maurice et surtout de rendre publics les résultats d’analyses ».


Amar Deep Seetohul, Acting Head de la Consumers Affairs Unit : «Nous sensibilisons les consommateurs aux dangers du surendettement»

L’Acting Head de la Consumers Affairs Unit explique que le rôle du Département des consommateurs est de sensibiliser la population aux informations concernant la sécurité alimentaire, surtout en cette période de fin d’année. Il y a une hausse de l’activité commerciale à travers le pays chaque d’année, selon Amar Deep Seetohul. Les gens rénovent leur maison, d’autres achètent des cadeaux. « Les commerçants attirent les clients à travers les activités qu’ils organisent en cette période. Ils profitent de cet engouement pour les achats, les gens profitent de leur bonus pour acheter davantage. » 

« Les achats à crédit en cette fin d’année peuvent donc augmenter de façon significative », souligne Amar Deep Seetohul. « Les achats à crédit relèvent d’une décision personnelle. La loi est là pour protéger les consommateurs et veille à ce que les clients payent des charges bien spécifiques. » Et de rappeler : « Le Mauritius Credit Information Bureau rend accessibles toutes les informations concernant un client souhaitant acheter à crédit. Ces infos sont faciles d’accès à tous les magasins. C’est avant tout un moyen pour protéger le consommateur. Les publicités sont là pour attirer les gens. Certains se laissent tenter ou berner. Beaucoup de ménages progressent grâce aux achats à crédit, mais il faut éviter le surendettement car certains se retrouveront poursuivis pour non-paiement de leurs dettes. »

La CAU tient à sensibiliser les consommateurs aux dangers des achats à crédit, selon le responsable. « Nous leur faisons comprendre que leurs revenus sont limités et qu’ils doivent faire la distinction entre les besoins nécessaires et les désirs superflus pour ne pas dépenser à tort et se retrouver sans revenus pour subvenir aux dépenses essentielles de la maison. Nous avons vu des gens qui doivent emprunter pour acheter le matériel scolaire de leurs enfants après avoir tout dépensé en cadeaux et dépenses somptuaires. »

Abordant l’aspect de la sécurité des jouets, Amar Deep Seetohul précise que 62 % des jouets importés viennent de Chine et 11 % d’Afrique du Sud. Il souligne qu’il existe quelque 300 importateurs à Maurice. « Pour récupérer leurs cargaisons, les importateurs doivent présenter un Certificat de conformité à la douane. Ce document est remis par le Mauritius Standards Bureau après que des laboratoires ont testé les jouets importés. Ceux comportant des projectiles sont bannis chez nous et saisis à leur arrivée à Maurice. »


Jouets

Ce qu’ils ont commandé

Aux abords des boutiques et des grands magasins de jouets, la magie de Noël opère déjà. Pour le plus grand plaisir des petits et la crainte de parents. Qu’ont-ils commandé cette année ? La tendance est plutôt tournée vers les Hoverboard, drones, l’éternel vélo ou, plus classique, la dinette grandeur nature.
Hoverboard a de la cote

C’est un Hoverboard que Pranuv souhaite trouver sous le sapin le matin de Noël. « J’ai commandé un Hoverboard pour la Noël. C’est le cadeau que je souhaite avoir. J’ai été sage cette année, mais maman a dit non. »

Maman a dit non, mais Vimla privilégie des cadeaux conformes à son budget. Elle dit vouloir contrôler ses dépenses pour faire plaisir à ses trois enfants. « J’essaie de trouver des cadeaux qui puissent s’adapter à mon budget pour mes trois enfants. J’ai déjà acheté les uniformes pour la rentrée scolaire et là je fais mes achats par ordre de priorité. »

Brenan également écrit Hoverboard dans sa lettre au Père Noël. « J’ai demandé un Hoverboard et si je réussis à mes examens, mes parents vont me l’offrir. » À Rs 9 000 l’unité, l’Hoverboard est très tendance cette année, même si ce n’est pas donné.

Les classiques : Vélo et smartphone

Il y a ceux qui ont des choix plus classiques. Les fils de Nita ont opté pour l’indémodable vélo et l’indétrônable smartphone. « L’aîné m’a réclamé un smartphone, le benjamin un vélo. Je vais leur faire plaisir, surtout le plus grand qui a réussi brillamment à ses examens.»

Motos et voitures

Les motocyclettes et les voitures électriques trouvent aussi preneurs cette année. Kavita, vendeuse dans un magasin spécialisé, nous explique ce qui attire les enfants, mais surtout les parents. « Il y a les 4x4 et les modèles McLaren qui sont très demandés cette année. Ou encore les motocyclettes pour enfants. Beaucoup de parents ont déjà fait leur réservation et un dépôt. Les prix varient entre Rs 7 000 et Rs 15 000. »

La poupée interactive

La poupée interactive séduit aussi les petites filles. Cindy, responsable du magasin Lotus d’Or, évoque avec nous les dernières tendances. « Les poupées interactives qui parlent sont très en demande. Depuis quelque temps, les jeux de société reviennent à la mode. Les parents les recherchent pour initier leurs enfants aux jeux qui se pratiquent en famille, au lieu de smartphones. Les jeux intelligents sont aussi très tendance. »